mardi 7 juin 2011

F1 2011 : Show devant!

Le principal problème de la Formule Un moderne était le manque de dépassements en piste. Depuis de nombreuses années, la FIA nous promet du mieux. En 2009, les nouvelles règles aérodynamiques, l’arrivée du KERS et le retour aux pneus slicks avaient fait naître l’espoir dans les rangs des irréductibles fans de la discipline. Le résultat avait été mitigé, la faute au double diffuseur qui permettait aux équipes de récupérer une bonne partie des appuis censés être diminués par la réglementation et à un KERS n’équipant que quelques équipes et encore mal maitrisé.

Pour cette nouvelle saison, plus le droit à l’erreur, la FIA a sortit l’artillerie lourde : interdiction du double diffuseur, pneus Pirelli, retour du KERS, et DRS, tout était en place pour offrir aux spectateurs un spectacle grandiose. Après six courses, le moins que l’on puisse dire c’est que ça dépasse à tout va. Au total c’est pas moins de 419 manœuvres de dépassements que les 24 pilotes du plateau ont effectué. A titre de comparaison en 2010 on dénombre 191 dépassements sur ces mêmes circuits (Bahreïn n’est pas pris en compte ici) et 133 en 2009. La palme revenant au tracé d’Istanbul qui a offert 126 doublés.

Si le KERS et le DRS ont permis quelques manœuvres de dépassements, c’est surtout les pneus Pirelli qui sont à mettre au premier plan en ce début de saison. « Pirelli est arrivé en F1 après avoir participé à très peu d’essais privés et nous devons les féliciter pour ce qu’ils ont réussi à accomplir. Chaque pilote pourrait se plaindre de tel ou tel train de pneus, mais le fait est que nous avons des pneumatiques sûrs, qui sont difficiles à comprendre pour les teams et qui apportent quelque chose au spectacle en piste,» déclarait Martin Whitmarsh après la manche malaisienne. Pourtant les gommes italiennes n’étaient pas sans poser question avant l’ouverture du championnat (voir Trop tendres les Pirelli?).

Si le spectacle est donc, enfin, de retour pour le plus grand plaisir des pilotes et des fans, la F1 cuvée 2011 n’est pas sans défaut. Le premier est que les courses peuvent paraître confuses. Les nombreux dépassements, les passages aux stands et les stratégies différentes en fonction des pilotes sont autant de facteurs qui rendent les Grands Prix plus compliqués à suivre.

« Ce n’est pas simple pour les spectateurs de suivre ce qui se passe en course, parce que c’est aussi difficile pour les écuries. Ca fait partie du jeu cette saison, » avoue Stefano Domenicali.

Encore une fois, c’est le facteur pneu qui est au centre de toutes les attentions pour les équipes. Cette dégradation importante à un autre effet pervers, ce que Jarno Trulli appelle ‘la fin des qualifications’. « Nous avons vu qu’une fois passés en Q3 les pilotes et les écuries n’essayent plus à signer la pole mais préfèrent faire leurs calculs. La vérité est que la stratégie à un rôle bien plus important cette saison. En Turquie, par exemple, la course a commencé bien avant le départ. Ceux qui ont eu la possibilité d’économiser un train de pneumatiques le samedi l’ont fait, » se plaint l’Italien, en faisant référence aux pilotes Red Bull qui s’étaient contentés d’un seul tour lancé en Q3 lors de l’épreuve turque avant de rejoindre leur box pour suivre la fin de la séance devant les écrans de contrôle. Même scénario en Espagne quinze jours plus tard, Mark Webber célébrant sa pole avant même la fin de la Q3 alors qu’il restait cinq pilotes en piste. Dans le même ordre d’idée, victime d’un problème de KERS, Michael Schumacher avait préféré préserver ses gommes plutôt que d’essayer de signer un chrono qui ne lui aurait de toute façon pas permis de faire beaucoup mieux que dixième.

Cette situation est évidement regrettable. Pour régler le problème, Rubens Barrichello suggère de repenser le format des qualifications et de revenir, pourquoi pas, à celui instauré en 2005 où chaque pilote s’élançait seul en piste contre le chrono pour un tour rapide. « Je pense que le format était plutôt bon ces dernières années, mais nous ne faisons qu'un relais désormais, alors ça vaut le coup de voir s'il n'y aurait pas autre chose à faire l'année prochaine, » explique le pilote Williams.

Paradoxalement, alors que la saison 2011 est la plus spectaculaire sur la piste depuis bien longtemps, le suspense, quant à lui, risque bien de ne pas tenir bien longtemps. En effet, alors que depuis 2007, le championnat c’était joué dans lors des toutes dernières courses de la saison, avec notamment un final de toute beauté au Brésil en 2008 où la couronne mondiale s’est joué dans les derniers mètres du Grand Prix, la saison 2011 est ultra dominée par Sebastian Vettel qui n’a été vaincu qu’à une seule reprise, en Chine (merci les pneus…). Comme quoi, on ne peut pas tout avoir…

jeudi 2 juin 2011

La frustration du champion

Si l'accident de Sergio Pérez a alimenté toutes les conversations au terme de la séance qualificative, il est un autre sujet qui n'a pas manqué de faire parler tous les fans de Formule Un : l'attitude, sur la piste et en dehors, de Lewis Hamilton. Frustré par une qualification moyenne alors qu'il espérait jouer les premiers rôles en Principauté, le pilote McLaren est parti le couteau entre les dents, bien décidé à revenir aux avant-postes. J'ai déjà souligné cette saison la principale qualité de Lewis Hamilton qui est qu'il ne lache jamais rien, qu'il y croit jusqu'au bout, comme en Chine ou, surtout, en Espagne où il n'a pas cessé de mettre la pression sur Vettel jusque dans les derniers mètres de la course. 

A Monaco, Hamilton a pêché par excès d'agressivité, au grand damne de Felipe Massa et de Pastor Maldonado qui ne faisaient pas une mauvaise course. C'est peut-être d'autant plus frustrant pour le Vénézuélien qui pouvait ouvrir la marque pour son compte personnel mais aussi pour son équipe en manque de points depuis l'ouverture du championnat. On a dit beaucoup de choses sur l'attitude d'Hamilton, moi le premier (voir ma chronique sur Fan-F1). La vérité est que j'ai peut-être réagit, comme Lewis, un peu sur le coup sans vraiment prendre de recul. Je ne suis d'ailleurs pas particulièrement satisfait de cette chronique, raison pour laquelle j'ai décidé de prendre un peu de temps pour revenir, calmement sur ce sujet sur ce blog, d'ou une publication plus tardive que d'habitude.

Soyons clair, les pénalités infligées par la FIA au pilote anglais sont justifiées et Lewis doit les accepter. Cela étant, il a les défauts de ses qualités, c'est un attaquant, un fighter, et à Monaco il faut savoir un peu calmer ses ardeurs, ce que n'a pas su faire à Hamilton. Pourtant en début de course, sa manœuvre, bien que tout aussi gonflée, sur Michael Schumacher m'a enthousiasmé, mais c'est passé, contrairement à celle sur Maldonado. C'est vrai que, même s'il n'a plus le lustre d'antan, Schumacher reste un vieux briscard et qu'il n'a pas joué les kamikaze lorsqu'il a vu la McLaren débouler dans ses rétros, bien aidé par le DRS, là où un Maldonado, sans doute un peu fougueux, manquant d'expérience en F1, et tout content de pouvoir enfin marquer des points n'a pas sans doute pas fait preuve de la même lucidité que son glorieux aîné. Est-ce à dire qu'il ne faut attaquer durement qu'un adversaire "à sa taille"? Peut-être pas, mais il faut pouvoir maîtriser les évènements et anticiper la réaction de l'adversaire au moment de porter une attaque. Dans les deux cas, Hamilton a, à mon sens, manqué de discernement. 

Revenons maintenant sur les déclarations du champion du monde 2008 à sa descente de voiture. J'ai trouvé personnellement ridicule d'insinuer que la FIA pouvait être raciste, et encore plus maladroite l'explication comme quoi il s'agissait là d'un trait d'humour. Si mes souvenirs sont bons, ce n'est pas la première fois que ce genre d'allusions fait surface et ça me dérange profondément. Il s'en est d'ailleurs excusé. Il a fait de même concernant les propos tenu à l'encontre de Massa et de Maldonado, qui sont à mettre sur le compte d'une énorme frustration. Peut-on leur en vouloir? Pas totalement. Après tout, Prost et Senna ne se sont pas toujours envoyer des fleurs. Ils sont 24 sur la grille et 24 à estimer être meilleurs que les 23 autres. S'ils ne pensaient pas ça, ils ne seraient pas en F1. 

Dans sa chronique hebdomadaire pour le site grandprix.com, Maurice Hamilton, un vétéran des Grands Prix, revient, lui aussi, sur le "cas" Hamilton. Avant d'écrire son papier, il souhaitait avoir l'opinion des fans à ce sujet. Il leur a donc posé la question via son Twitter. Le résultat est qu'une large majorité (70%) aime Hamilton pour son amour de la course et le brio qu'il a en piste. Ce qui rejoint ce que j'expliquais précédemment en évoquant le Grand Prix d'Espagne ou celui de Chine, par exemple. 

Hamilton est passé à côté de son week-end à Monaco et n'a pas vraiment été digne de son talent ni sur la piste, ni en dehors. C'est dommage mais cela ne remet aucunement en cause son talent. Gageons que ça le fera grandi, les erreurs c'est fait pour ça. Et puis pour une fois qu'un pilote sort un peu des sentiers battu de la communication ultra formatée de son équipe...

Le prochain rendez-vous du Formula One Circus est au Canada, un circuit qu'Hamilton affectionne. Nul doute qu'il y réussira une bonne performance qui fera oublier sa débâcle monégasque.

PS: Vous pourrez retrouver le Top/Flop du Grand Prix de Monaco soit demain, soit en début de semaine prochaine. Mais je ne l'oublie pas.


samedi 28 mai 2011

F1 2011 - Monaco - Qualifications en live

Les qualifs en Live sur Fan-F1.com
TF1 ayant décidé de ne plus diffuser la séance de qualifications, Fan-F1.com et ses partenaires vous proposent de vivre en direct, à partir de 14h00, la sixième séance de qualification de la saison, à Monaco.

Vous y retrouverez les commentaires de la rédaction et pourrez même interagir avec quelques un de nos rédacteurs en leur posant vos questions auxquelles ils essayeront de répondre mais aussi en partageant vos propres réactions.

N'hésitez pas à nous rejoindre et à poser vos questions en direct. Ce live sera interactif et proposera même des sondages afin d'établir votre position sur les sujets en question.

Rendez-vous un peu avant 14h00 sur Fan-F1.com pour vivre cette séance qualificative qui sera importante pour la suite du week-end en Principauté.

jeudi 26 mai 2011

Au pied du Rocher

6 victoires et 5 poles pour Magic Senna!
De tous les Grands Prix inscrits au calendrier du championnat du monde, il y en a un qui fait plus rêver les pilotes que n'importe quel autre. Une course mythique que tous souhaitent, un jour, remporter: Monaco.

L'épreuve monégasque compte quelques uns des plus grands champions de la F1 à son palmarès. Parmi ces pilotes, c'est Ayrton Senna qui s'est le plus souvent illustré sur le tortueux tracé urbain, avec 6 succès dont 5 consécutifs.

S'il est celui qui s'est imposé le plus grand nombre de fois à Monaco, le Brésilien ne possède pas le record de participation. Ce mérite revient à Graham Hill avec 17 Grands Prix disputés.  En 17 départs, Hill s'est imposé à 5 reprises dans les rues de Monaco. L'Anglais avait fait de la Principauté son jardin. En 63, il signe sa première victoire monégasque profitant des soucis de Jim Clark qui, après avoir signé la pole, menait la course jusqu'au 78ème passage (sur 100). Jim Clark qui fait partie de ces grands pilotes qui ne se sont jamais imposé à Monaco. Cette victoire de Hill sera la seule d'une saison dominée par...Clark qui sera d'ailleurs sacré champion du monde cette année-là.

Pourtant, l'Ecossais était bien parti pour remporter l'édition 64 mais, une nouvelle-fois, la mécanique en décida autrement. Tout profit pour Graham Hill qui s'impose pour la deuxième fois consécutive. En 65, Lotus absente (l'équipe participait aux 500 miles d'Indianapolis), Hill s'octroie la pole et fait cavalier seul une bonne partie de la course. Retombé à la 5ème place suite à un incident avec un retardataire, l'Anglais effectue une remontée d'anthologie pour repasser, un à un, ses adversaire et s'imposer sous le drapeau à damiers.

L'édition 66 est remportée par Jackie Stewart, qui s'imposera à 3 reprises en Principauté (66-71-73), et il faut attendre la saison 68 pour revoir Graham Hill monter sur la plus haute marche du podium à Monaco. Faisant désormais partie d'une écurie Lotus meurtrie par le décès de Jim Clark quelques semaines auparavant, Hill domine l'épreuve réduite à 5 concurrents (sur 16) après seulement 17 tours sur 78. Le père de Damon, s'imposera une dernière fois en 69 au volant d'une Lotus 49. Hill, qui après avoir débuté sa carrière en F1 au pied du Rocher en 1958, boucla la boucle en 1975 en décidant de se retirer après une non-qualification au volant de sa Hill GH1.

Il faudra attendre les années 80 avant de revoir des pilotes dominer l'épreuve monégasque de cette façon. Le duo Prost-Senna se partageant les lauriers entre 84 et 93. S'élançant depuis la pole position, Alain Prost se fait surprendre par Nigel Mansell au départ. Mais sous la pluie, l'Anglais sera contraint à l'abandon après avoir glissé sur une plaque d'égout au 11ème passage. En fin d'épreuve, le pilote McLaren voit la Toleman de Senna revenir comme un boulet de canon dans ses rétros. La pluie rendant les conditions de piste particulièrement précaires, la direction de course décide de stopper au Grand Prix. Prost s'impose donc pour la première fois en Principauté devant un Senna particulièrement déçu.

L'année suivante, qualifié seulement en cinquième position au terme des qualifications, Prost profite des ennuis de ses adversaires pour remporter le Grand Prix de Monaco pour la deuxième fois consécutive. Le Français dominera l'édition 86 de la tête et des épaules. Partit depuis la première place sur la grille, Prost ne quittera jamais le commandement de la course et s'impose devant Ayrton Senna.

Senna qui signera son premier succès au pied du Rocher lors de l'édition 87. Deuxième derrière la Williams de Mansell, le Brésilien profite de l'abandon de ce dernier à mi-parcours pour coiffer ses premiers lauriers dans les rues de la Principauté. Après avoir laissé filer l'édition 88, qu'il dominait pourtant de main de maître, à son équipier Alain Prost, Senna montera 5 fois consécutives sur la plus haute marche du podium de Monaco.

Les trois années suivantes, Senna sera intouchable en Principauté. En 1992, la victoire aurait dû revenir à la Williams de Nigel Mansell, mais l'Anglais est, comme en 87, victime de sa mécanique. Un écrou mal serré l'oblige à repasser par la voie des stands. Ayrton Senna, alors deuxième, en profite et remporte une nouvelle fois "son" Grand Prix avec seulement 2 dixièmes d'avance sur le sympathique moustachu. Le triple champion du monde s'imposera une dernière fois lors de l'édition 1993.

Un record qu'il ne détient pas...
Le Brésilien ne reviendra jamais à Monaco. Son décès lors du Grand Prix d'Imola en 1994 laissera un grand vide dans le paddock. C'est cette année-là que Michael Schumacher s'impose pour la première fois dans le port de Monaco. C'est aussi à cette occasion que le futur septuple champion du monde signe la première pole de sa carrière. L'Allemand récidive l'année suivante. Qualifié 2ème sur la grille, derrière la Williams de Damon Hill, Schumacher profite d'une stratégie à un seul arrêt pour devancer le Britannique en fin d'épreuve.

En 1997, année de son 3ème succès, il est une nouvelle fois devancé par une Williams (celle de Heinz-Harald Frentzen) sur la grille de départ. Mais le lendemain, dans des conditions climatiques difficiles, le pilote Ferrari effectue un festival terminant premier avec plus d'une minute d'avance sur Rubens Barrichello sur Stewart. Le Baron Rouge s'imposera encore à deux reprises, en 99 et 2001. Qualifié, à chaque fois, sur la première ligne derrière une McLaren, il prendra l'avantage au départ avant de terminer premier d'un doublé Ferrari (avec Irvine en 99 et Barrichello en 2001.)

Depuis, le circuit monégasque se cherche un nouveau maître. Alonso s'y est imposé à deux reprises. Coulthard, Montoya, Trulli, Räikkönen, Hamilton, Button et Webber comptent chacun un succès en Principauté. Si le tracé, atypique, de Monaco fait la part belle au talent pur, il est surprenant de constater que des pilotes comme Jim Clark n'ont jamais inscrit leur nom au palmarès de cette épreuve mythique. A contrario certains pilotes ne se sont imposés qu'au pied du célèbre Rocher. C'est le cas, par exemple, d'Olivier Panis en 1996 au volant de sa Ligier. Mais ça c'est une autre histoire.

mercredi 25 mai 2011

F1 2011 - Top/Flop GP d'Espagne

L'Espagne est traditionnellement l'occasion pour les différentes équipes d'apporter tout un tas de nouveautés sur leur monoplace. Qui a confondu vitesse et précipitation? Qui a encore assommé la concurrence? C'est le Top/Flop du Grand Prix d'Espagne!


TOP :

Sebastian Vettel : Après deux Grands Prix hors du TOP, il est logique que le champion du monde fasse son grand retour au terme de cette épreuve espagnole. Qualifié en deuxième position, il se retrouve coincé derrière la Ferrari d'Alonso (auteur d'un départ canon, on y reviendra). Son équipe jouera magnifiquement le coup pour le faire revenir tout devant grâce à un deuxième relais plus court (huit tours seulement) que ses adversaires. Après il a dû composer avec un Lewis Hamilton en grande forme pour conserver son leadership. Nul doute que la configuration du tracé de Barcelone l'a quelque peu aidé et que sur un autre circuit la McLaren aurait prit le meilleur sur la Red Bull, il n'empêche que Vettel a livré sa plus belle course et remporte sa plus belle victoire cette saison. Mais il va y en avoir encore beaucoup d'autres...

Lewis Hamilton : Comme en Chine, le Britannique n'a rien lâché et y a cru jusqu'au bout. Il faut dire qu'avec la pression qu'il a mise sur les épaules de Sebastian Vettel, une erreur n'était pas à exclure de la part du jeune allemand. Malheureusement Hamilton n'est pas parvenu à trouver l'ouverture. Avec les mêmes pneus, il ne pouvait compter que sur le DRS qui s'est montré relativement inefficace sur le circuit de Barcelone qui n'est pas réputé pour offrir un spectacle particulièrement riche. Le champion du monde 2008 se pose de plus en plus comme le plus sérieux rival de Vettel au championnat mais encore tellement loin.

Michael Schumacher : Dans ma chronique de la semaine dernière (cf "Champion en perdition") je concluais en disant que le retour du pilote allemand avait quelque chose de pathétique. Je n'avais toutefois pas manqué de rappeler que l'édition 2010 du Grand Prix d'Espagne avait vu le Kaiser devancer son jeune équipier pour la première fois de la saison. Cette année encore, Schumacher a terminé devant Rosberg en course après un départ tonitruant depuis la 10ème position sur la grille. L'Allemand était sixième après le premier virage et est parvenu à la conserver jusqu'au drapeau à damier. Les mauvaises langues diront que si Rosberg n'avait pas connu des problèmes de DRS il n'aurait fait qu'une bouchée du vieux Schumacher, n'empêche que même sans ça, sa course a été plus convaincante que celle de Turquie.

Nick Heidfeld : Heidfeld a fait une très belle remontée dans ce Grand Prix d'Espagne. Partir bon dernier et terminer huitième, devant Petrov (11ème) qui était pourtant qualifié sixième, c'est plus que bien. Le problème c'est qu'on ne s'en rend compte qu'après coup. Ça n'enlève rien à la belle prestation de Quick Nick qui va sans doute se sentir un peu plus serein maintenant qu'il sait que Kubica ne reviendra lui piquer son volant en court de saison. Il va maintenant falloir éviter les problèmes avant la course pour se qualifier correctement sur la grille. L'équipe Lotus Renault GP vise la victoire à Monaco.

Kamui Kobayashi : Pareil que Heidfeld. Le Japonais a encore frappé fort en remontant du diable vauvert après avoir été contraint de repasser par les stands au terme du premier tour. Le pilote Sauber marque des points pour la quatrième fois consécutive (même cinquième si on compte l'Australie). L'écurie Suisse espère garder son duo de pilotes pour la saison prochaine, mais avec des performances comme celles-là, pas sûr que Kamui ne sera pas courtisé par une équipe plus huppée très rapidement.

FLOP:

Ferrari : Avant son Grand Prix national, Fernando Alonso déclarait que les trois, quatre prochaines courses allaient être très importantes pour la suite de la saison. Après le GP, il peut se faire une raison. Sauf miracle il ne sera pas champion du monde pour la troisième fois en 2011. Non seulement la domination de Red Bull ne lui laisse pas beaucoup d'espoir, mais en plus le rythme de sa Ferrari est mauvais. Le vrai problème lors de ce Grand Prix d'Espagne a été la gestion des nouveaux pneus durs proposés par Pirelli. Si la Ferrari, enfin Alonso, a fait illusion en tendres en jouant les bouchons, ça a été une autre histoire une fois les gommes dures montées sur la voiture rouge. C'est donc la performance d'ensemble de la Scuderia qui lui vaut d'être dans le FLOP cette semaine.

Williams : En qualification, ça semblait aller mieux. En tout cas avec Pastor Maldonado qui se qualifie dans le top 10 pour la première fois de sa jeune carrière en F1. On ne reviendra pas sur la 19ème position de son vieil équipier qui déclare toujours s'amuser même en partant de si loin, tant mieux pour lui. En course, la Williams s'est effondrée et ne ramène aucun point. Il y a un léger mieux, mais ce n’est pas encore suffisant. Webber disait qu'il trouvait triste de voir une écurie aussi prestigieuse que Williams se battre dans le ventre mou du peloton, il a raison, c'est vraiment triste. Ce qui est encore plus triste c'est de chercher des excuses comme le diffuseur soufflé pour essayer de réduire l'écart avec ses adversaires. Mais ce n'est pas très surprenant de la part de Williams qui est coutumière du fait.

mardi 24 mai 2011

Qui peut battre Vettel?

Vettel est sur un petit nuage en ce début de saison
Après cinq courses, le constat est sans appel : quatre victoires, autant de poles position, une deuxième place comme plus mauvais résultat soit 118 points sur 125 possibles. Si Vettel n'avait occupé la tête du classement qu'au terme de la dernière course la saison dernière pour s'emparer du titre au nez et à la barbe de ses adversaires, il risque bien de ne pas la lâcher cette saison. Mais qui peut aller chercher le petit prodige allemand? Pas son équipier apparemment. Mark Webber qui avait mené la vie dure au protégé Red Bull l'an dernier est complètement largué en ce début de saison.

En Australie il est en retrait sans savoir pourquoi, on parle d'un problème sur son châssis, les mécanos de Red Bull démontent sa voiture avant la Malaisie mais sans rien trouver. Pourtant le grand australien semble retrouver des couleurs en se plaçant troisième des qualifications, mais un problème de KERS lui fait perdre des places au départ. Il finira malgré tout quatrième. En Chine, il se loupe en qualification avec les gommes dures et reste bloqué en Q1 avant de remonter comme un boulet de canon et monter sur la dernière marche du podium. On pense alors que Mark Webber vient d'avoir le déclic qui va le relancer dans la lutte pour le titre mondial. En Turquie il se qualifie en première ligne aux côtés de l'intouchable roi Vettel. En course il offre le premier doublé de la saison à Red Bull non sans avoir bataillé ferme avec Fernando Alonso. Certes Vettel est encore devant, mais on se met à espérer que le duel fratricide de 2010 entre les deux locataires de l'équipe autrichienne va avoir droit à un remake d'autant que la prochaine manche se déroule en Espagne où Webber s'était imposé il y a un an. Le résultat des qualifications laisse l'espoir de voir ces deux là se battre comme des chiffonniers. On en sera pour nos frais. Webber se loupe au départ et se retrouve quatrième après le premier virage.C'est d'ailleurs à cette position qu'il termine l'épreuve, encore 13 points de perdus...

Auteur d'un départ tonitruant, c'est Fernando Alonso, sans doute galvanisé par ses supporters amassés aux abords du circuit, qui occupe la tête du Grand Prix. Mais la Ferrari n'est pas encore capable de jouer dans la même cour que la RB7 dessinée par Adrian Newey. Si le rythme de la 150° Italia est toujours meilleur en course qu'en qualification, la gestion des gommes dures proposées par Pirelli pour ce cinquième Grand Prix aura posé un vrai problème à la Scuderia. Il va falloir comprendre rapidement pourquoi la monoplace de Maranello était moins performante qu'en Turquie où elle semblait avoir retrouvé un peu de couleurs. Alonso l'avouait lui-même avant cette course, les quatre prochains Grands Prix vont être importants dans l'optique du championnat. Après quoi il sera sans doute illusoire d'espérer priver Vettel du titre mondial.

Et si celui qui pouvait mettre des battons dans les roues de la Red Bull numéro 1 était Lewis Hamilton? Le pilote McLaren a montré une hargne et une volonté de gagner remarquable en Espagne. Il aurait même pu prétendre à la victoire sans cette stupide chicane qui donne l'avantage à la voiture devant à la ré-accélération. Avant l'ouverture du championnat, beaucoup d'observateurs parlaient du pilotage coulé de Jenson Button qui pourrait être un atout compte tenu de l'usure rapide des pneumatiques Pirelli. Sauf qu'après cinq courses, il semble que la Formule Un se soit transformée en une succession de courses sprint dans lesquelles il faut savoir attaquer au bon moment, ce que Button n'est pas forcément capable de faire. Là où Hamilton est un vrai fighter, le champion 2009 est plus attentiste.

L'écart entre Hamilton (77 points) et Vettel (118) est conséquent et ne fondra pas comme neige au soleil en un jour mais sur la piste il aura été le plus dur adversaire pour le nouvel ogre allemand.

Le prochain Grand Prix aura lieu à Monaco la semaine prochaine. On sait qu'il peut toujours se passer quelque chose sur le tracé monégasque ou le talent du pilote peut pallier certaines lacunes de sa monoplace. Quoi qu'il en soit, ce qui est certain, c'est que celui qui voudra battre Vettel va devoir se retrousser les manches d'autant que contrairement à l'année dernière, l'équipe autrichienne semble épargnée par les problèmes de fiabilité, même si son système KERS n'est pas encore totalement maitrisé.

samedi 21 mai 2011

F1 2011 - Espagne - Qualifications en live

TF1 ayant décidé de ne plus diffuser la séance de qualifications, Fan-F1.com et ses partenaires vous proposent de vivre en direct, à partir de 14h00, la cinquième séance de qualification de la saison, à Barcelone pour le Grand Prix d'Espagne 2011.

Vous y retrouverez les commentaires de la rédaction et pourrez même interagir avec quelques un de nos rédacteurs en leur posant vos questions auxquelles ils essayeront de répondre mais aussi en partageant vos propres réactions.

N'hésitez pas à nous rejoindre et à poser vos questions en direct. Ce live sera interactif et proposera même des sondages afin d'établir votre position sur les sujets en question.

L'équipe de Fan-F1 sera sur le pied de guerre à partir de 14h (heure française) pour vous faire vivre, au mieux, cette séance qualificative.

 
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